Une seule entrée à La Havane peut mener à un solar : plusieurs petits logements dans un bâtiment, reliés par des patios et des couloirs. Certains viennent de grandes maisons divisées en pièces. D'autres sont construits pour le logement collectif. La façade ne révèle pas forcément combien de foyers vivent derrière.
La frontière importante se trouve souvent entre la pièce familiale et les installations communes. Selon le bâtiment, sanitaires, cuisines et espaces de lavage servent plusieurs foyers. Une pièce doit parfois accueillir sommeil, repas et affaires qu'une maison plus grande répartirait ailleurs. La lumière et la ventilation dépendent aussi de la disposition des lieux.
Solar, cuartería, ciudadela et casa de vecindad apparaissent dans les discussions sur ces logements. Architectes et historiens n'ont pas toujours placé les limites entre ces noms au même endroit. Certains distinguent une ancienne demeure transformée d'un bâtiment prévu pour l'occupation collective ; l'usage quotidien peut les réunir sous solar.
Le roman cubain Mersé, publié par Félix Soloni en 1926, situe ses personnages dans le solar La Estrella. Ses scènes de patio rassemblent cuisine, voix et voisins empruntant des ustensiles. D'autres écrivains, dont Carlos Loveira et Miguel de Carrión, utilisent le logement collectif pour montrer pauvreté, exclusion et surpeuplement. Ce sont des portraits littéraires, pas des récits interchangeables de chaque habitant.
Ce mélange d'espaces communs et de foyers privés aide à comprendre la vie sociale du solar. Le patio permet contact et entraide, mais transmet aussi le bruit et limite l'intimité. Une conversation animée n'agrandit pas une pièce exiguë et ne remplace pas des sanitaires convenables. Les gens et leurs conditions de logement appartiennent à la même histoire.
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